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Le Bénin > Contexte économique

Le Bénin est classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) : un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En tenant compte des seuils de pauvreté calculés à partir des données recueillies par l’enquête QUIBB de 2003, 22% de la population (soit 1,5 million de personnes) sont considérés comme extrêmement pauvres en termes monétaires et 39% (soit 2,6 millions de personnes) comme étant pauvres. En milieu urbain, 38 % des ménages ont été classés comme pauvres, 21 % comme ménages vulnérables tandis que l’indice national de la pauvreté globale en milieu rural est de 37 %. Cette pauvreté est surtout caractérisée par :

  • un faible pouvoir d’achat des populations ;
  • une inégalité d’accès physique aux soins de santé en raison notamment de l’inégalité de la répartition des infrastructures et du personnel.

Depuis 2001, année où le pays avait enregistré son plus fort taux de croissance de la période, (6,2%) l’économie béninoise connaît un très net ralentissement. En effet, au regard des prévisions faites sur la crise financière et économique mondiale, l’économie béninoise a connu une reprise haussière passant de 2,9% en 2005 à 3,80% en 2006, avec une sensible amélioration estimée à 4,5% entre 2006 et 2008. Cette performance bien qu’encourageante, reste largement en dessous de l’objectif de 7% souhaité dans l’espace de l’Union Economiqueet Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) pour réduire durablement la pauvreté. En 2009, cet espoir s’est effrité marquant ainsi un coup d’arrêt aux ambitions économiques du Bénin ; cetaux est passé à 2,7% en 2009 en raison essentiellement des effets secondaires de la crise financière internationale de 2008..

De même, il convient de signaler, selon les études réalisées sur la pauvreté au Bénin, que ce rythme de croissance est assez faible pour amorcer un processus de réduction rapide et durable de la pauvreté. Pour y parvenir il faudrait plutôt un rythme de croissance plus soutenu, c’est-à-dire entre 7% (UEMOA, 2006) et 10% (World Bank,2005). La pauvreté s’installe donc de façon durable et persistante, dans une grande partie des ménages et plus sévèrement en milieu rural qu’en milieu urbain. Seule une faible partie de la population accède effectivement aux services de base : santé, éducation, eau, électricité…etc. Les résultats de l’Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie (EMICoV) des ménages réalisée en 2005-2006 par l’INSAE ont révélé que sur le plan national, le taux de pauvreté monétaire demeure élevé (37,4% en 2006 et 35,2% en 2009) et a même augmenté par rapport à 2002 où il s’établit à 28,5%. La pauvreté non monétaire quant à elle accuse une légère baisse en 2006 car révélant que 40,2% de la population béninoise est pauvre alors qu’elle était de 43% en 2002.

Malgré la hausse progressive de l’indice de développement humain qui se retrouve, avec 0,435, au dessus de celui (0,389) des pays d’Afrique Subsaharienne pris ensemble en 2010), la pauvreté non monétaire est toujours prédominante,
Mais cette situation n’échappe pas aux autorités politiques du Bénin qui mettent en oeuvre une nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté (2007-2009) élaborée après les résultats de l’EMICoV 2006.
Par ailleurs, le budget de la Santé s’est sensiblement accru entre 2006 et 2009 en passant de 46,304 milliards à 111,414 milliards (tableau 1.4). En 2010, ce budget a connu une baisse (82,462 milliards). Le taux d’exécution du budget (base engagement) a évolué en dents de scie avec une moyenne de 49,64% entre 2006 et 2010. Cette situation est due notamment au retard persistant dans la mise à disposition des crédits, qui occasionne des démarrages tardifs des activités à tous les échelons de la pyramide sanitaire, et aussi à d’autres dysfonctionnements liés à la gouvernance, qui compromettent le renforcement du système de santé.

Evolution des dépenses publiques de santé


Par rapport au budget général de l’Etat, le budget du secteur santé évolue en dent de scie et demeure inférieur à la norme de 10% recommandée par l’OMS, donc loin des 15% recommandés au Sommet des Chefs d’Etat à Abuja.
Toutefois, il est à préciser que les valeurs indiquées ici pour le budget du secteur santé ne prennent pas en compte les efforts du Gouvernement dans le domaine du financement des Ecoles de formation des professionnels de santé, du service de santé des Armées, de la recherche en santé etc…
Par ailleurs, le tableau de l’évolution du budget montre que le budget du Ministère de la Santé, comme celui d’autres Ministères ou Institutions de l’Etat, est souvent sujet à des réductions ou à des augmentations en cours d’exercice, dus à la contingence économique qui perturbe le cadrage budgétaire, et à la nature hypothétique des projections de dépenses sur financement extérieur. Une autre difficulté majeure est la consommation partielle du budget voté, malgré l’effort de réorganisation et de modernisation de la gestion budgétaire et des finances publiques.


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